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Les régimes pauvres

Les régimes pauvres en glucides sont dangereux pour la santé

Les adeptes des régimes restrictifs pauvres en sucre, de type Dukan ou Atkins, ont plus de risque de mourir prématurément d’une maladie cardiovasculaire ou d’un cancer que les personnes qui continuent à en consommer, même en grande quantité.

Quand il s’agit de perdre du poids, le choix d’une alimentation saine s’impose. Les régimes alimentaires pauvre en glucides, de type Dukan ou Atkins, sont très à la mode, notamment pour leurs résultats rapides et performants. Celui-ci vise à limiter, voire à éliminer, de son alimentation tous les sucres, dont les sucres rapides contenus dans les confiseries et les biscuits et les sucres lents présents dans le pain, les pâtes ou le riz. Les adeptes de ce régime réduisent également leur consommation de fruits et de légumes. En revanche, leurs repas font généralement la part belle aux protéines et aux graisses. Un choix peu judicieux et même dangereux, selon une étude présentée cette semaine au Congrès de la société européenne de cardiologie à Munich .

Les travaux de Maciej Banach, professeur à l’université médicale de Lodz en Pologne, montrent en effet qu’un régime pauvre en glucides présente, sur le long terme, un risque majeur pour la santé. Pour aboutir à cette conclusion, l’équipe de recherche a suivi durant onze ans plus de 24.000 participants, dont à peu près autant de femmes que d’hommes. Des volontaires qui suivaient tous des régimes alimentaires différents. Après les avoir questionnés sur leur état de santé, leur mode de vie et leur alimentation, les chercheurs ont pu comparer les risques de mortalité prématurée.

Et le constat est saisissant. Les participants qui se privent de glucides ont 32% plus de risque de mourir dans les 6 ans que les participants qui ont une alimentation riche en sucres. Plus précisément, les risques de décéder d’une maladie cardiovasculaire sont augmentés de 50% lorsque l’on consomme peu ou pas de glucides, et pour les cancers, la hausse est de 30% . L’étude montre par ailleurs que les personnes de poids normal qui décident d’adopter ce type de régime restrictif ont plus de risque que les personnes obèses de mourir précocement. Les chercheurs précisent que ces résultats se confirment après avoir pris en compte la consommation de tabac ou d’alcool des volontaires, la pratique d’une activité physique ou la présence de pathologie comme l’hypertension.

D’après les auteurs, ces résultats ne sont pas seulement liés au faible apport en glucides. Ils seraient surtout associés au régime alimentaire hyperprotéiné et riche en lipide. Selon l’OMS, la consommation excessive de viande rouge et de viande transformée riches en cholestérol et en graisses saturées, favorise l’apparition de certains cancers, notamment le cancer colorectal. Ces substances figurent également parmi les responsables des maladies cardiovasculaires. De plus, «des différences dans l’apport de minéraux et vitamines pourraient aussi jouer un rôle» affirme l’auteur de l’étude.

Un déséquilibre nutritionnel déjà pointé du doigt en France en 2010 par un rapport de l’Agence nationale de sécurité de l’alimentation (Anses). Ce dernier a affirmé qu’il existe des «risques cliniques, biologiques et comportementaux, ou psychologiques liés à la pratique des régimes amaigrissants». À cause de certaines restrictions alimentaires des problèmes osseux peuvent apparaître, mais aussi métaboliques. Des conséquences graves qui «sont souvent à l’origine du cercle vicieux d’une reprise de poids, éventuellement plus sévère, à plus ou moins long terme», a relevé le rapport, insistant au passage sur la nécessité d’un accompagnement médical lors d’une recherche de perte de poids.

Si, sur le court terme, les régimes faibles en sucres sont efficaces pour perdre du poids, contrôler l’hypertension et réduire le taux de sucre dans le sang, «ils sont risqués et ne devraient pas être recommandés», conclut Maciej Banach. En réalité, il est important de ne pas diaboliser un nutriment par rapport à un autre. Les glucides, les protéines et les lipides sont tous les trois indispensables à notre alimentation. D’après les nutritionnistes, nos besoins nutritionnels sont couverts lorsque notre alimentation est composée d’environ 50% de glucides, 20% de protéines et 30% de lipides.

Source: Le Figaro

À propos Denise Abou Jamra

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